rajpoute

indienne




































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Veuillez nous en excuser,

Dhanyavad !

Poème de Rabindranath Tagore :

L'écoute :

"Depuis hier au soir, ce chant ne cesse de résonner en moi. Je ne puis le chasser de mon esprit :

L'air vibre du son exquis de la Vîna...

Au coeur du blanc lotus, dans la nuit argentée,

Dans le sombre nuage, dans les noires ténèbres,

Dans le parfum des fleurs, j'entends monter sans fin,

Du tréfond de l'Amour, les accords de la Vîna.

De la terrasse, je contemplais les étoiles, et ce vers chantait en mon âme : "L'air vibre du son exquis de la Vîna..." Le jour, la nuit, partout dans l'immensité de l'espace et du temps, tout frémit d'une musique incessante...."

Rabindranath Tagore, in La Demeure de la Paix.

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Les instruments indiens sont classés en quatre catégories: ( un instrument pouvant avoir différentes appellations en fonction des langues régionales, nous avons évité les synonymes)

-les "tatas" ou instruments à cordes pincées ou frottées ou frottées :

exemples : Bîn ou Vîna (cithare sur bâton), Dotâr ( luth d'origine d'asie centrale et Iran) , Ektara (petite caisse à peau tendue sur laquelle une corde est tendue :instrument typique des Baüls), Khamak ( tambour à friction indien utilisé par les Baüls et par les charmeurs de serpents, les Saperas), Rabâb ( sorte de vièle), Sarod ( sorte de luth : instrument hybride du rabâb indien et du rabâb afghan), Sitar ( sorte de luth à manche long), Surbahar ( typique de la musique hindoustanie, sorte de sitar basse) , Tampura ( sorte de luth, instrument modal essentiel à la musique indienne), , Mandoline ;Sarangi, ( sorte de vièle rustique en Inde, Pakistan et Népal à la sonorité riche et profonde), Sringara, Violon, Onavillu, Santoor, ( cithare du Moyen Orient ), Villu ( arc musical typique de la musique kéralaise)

-les "Susiras", les : instruments à vent :

exemples :Bansurî (flûte traversière, instrument accompagnant Krishna) , Murali (petite flûte droite ou traversière), Clarinette, Kuzhal ( instrument typique du sud de l'Inde existant en deux versions :petite flûte ou hautbois), Kombu, Nâgasvaram (sorte de hautbois joué dans les mariages et rituels dans les temples), Pungi î,(clarinette des charmeurs de serpents indiens) (Sâtarâ, Shehnai (hautbois), Sringa (cor, instrument remontant aux Vedas), Shankh (conque utilisée comme une sorte de sifflet, essentiel au culte hindou).

-les "avanaddha", les instruments à peau tendue, tambours..

exemples : Chenda (tambour en tonneau à 2 peaux utilisées uniquement par les communautés Mârâr et Pathuval),Damaru ( petit tambour en forme de sablier : dans la mythologie, il est l'attribut privilégier de Shiva, symbolise la pulsation sonore de toute créaion mais aussi le rythme de la danse du dieu Shiva), Dhôl ou Dohol ( gros tambour à 2 peaux joué à la main et avec une baguette : Inde, Pakistan et Asie Centrale),Dholak ( petit tambour en tonneau couché typique du Nord de l'Inde, Pakistan, Bangladesh et Népal), Dokra ( sorte de tablâs recontrée dans la musique islamique et sikh), Duff ( tambour sur cadre), Ghumot ( originaire de Goa, sorte de pot en terre cuite dont une des 2 embouchures est recouverte de varan), Hudukkâ ( sorte de damaru , utilisé dans la musique kéralaise, ls musiques martiales rajasthanies, rituels chamaniques et danses folkloriques), Khurdak ( petites timbales rustiques jouées avec les mains) Maddalam ( tambour en en tonneau à 2 faces utilisé dans la musique kéralaise),Mizhavu ( pot sphérique en cuivre ou en terre cuite , utilisé en Inde du Sud et plus particulièrement par la communauté Nambiar au Kérala), Mridang (tambour en tonneau de forme oblongue accompagnant les rituels religieux hindous ; présent dans la mythologie, créé par Brahmâ pour la création du monde , il fait partie des instruments des dieux deva vaadyam), Nagara ( paire de timbales indiennes extrèmement sonores, présentes dans tous les festivals de villes indiennes. elles sont souvent accompagnées de duff et de gongs. les nagara du rajasthan sont généralement plus petites), Tablâ ( paire de petits tambours : dâyan-tambour mâle côté droit fait en bois thun, teck ou palissandre recouverte de peau et Bâyan -tambour femelle côté gauche -réalisé en terre cuite, en cuivre ou laiton, recouvert de peau. Présent dans la musique hindoustanie, la musique "filmi" et musique moderne. En Inde du Sud, le Mridangam lui est préféré) , Thavil ( sorte de Dhôl utilisé prinicpalement dans l'Inde du Sud),

- les "ghanas", les percussions :

exemple : Tâlam (cimbales de l'Inde du Sud) Brahmatâlam ( Tâlam de diamètre plus important utilisé dansles temples), Dandâ ou Châr ( instument typique de l'Inde du Nord, sorte de claves), Chennala ( sorte de gong, utilisé dans la musique kéralaise et dans le Nord) , Ghatam ( sorte de vase dont l'utilisation remonte au VIIIème siècle) , Ghunghuru ( grelots en bronze porté par les danseuses et danseurs en guse de chevillière) , Kartal (castagnettes indiennes essentiellement rencontrées en Inde du Nord et dans les tribus nomades), Kartal Manipuri ( castagnettes avec grelots), Manjira ( cimbalettes en bronze), Moorchang ( guimbarde indienne utilisée essentiellement dans la musique carnatique).

-Une cinquième catégorie est représentée par les instruments à clavier :

exemple : Bulbul Tarang ( sorte d'épinette des vosges, instrument à cordes pincées dont la caisse de résonnance est rectangulaire), Harmonium (instrument à clavier et à soufflerie, importé en Inde par les missionnaires chrétiens).

Quelques festivals :

Outre les spectacles se produisant dans les grandes salles des mégalopoles indiennes, voici quelques festivals célèbres ( hors fêtes religieuses et foires) :

-Jaisalmer : Fête du désert

- Jaipur : Rencontre internationale artistique www.jaipurfestival.org( courant mars)

- Mont Abu : festival d'été rassemblant musique et danse (courant mai) , et festival d'hiver ( courant décembre)

- Jodhpur : rencontre de musique folk ( courant octobre /novembre) www.jodhpurfolkfestival.org

-Thiruvaiyaru ( région de Tanjore) : festival annuel honorant le grand compositeur de l'Inde du Sud "Swami tyagaraja".

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La musique indienne

INTRODUCTION :

En Asie du Sud, le son d'une musique, appelé "nada" est considéré comme de bon augure. C'est pourquoi, le recours à la musique est si fréquent au sien des fêtes religieuses et les rituels. Tout au long de l'histoire du peuple indien, la musique a joué une rôle unissant le peuple autour de valeurs culturelles, religieuses et de divertissement. Elle est donc présente lors des processions religieuses, fêtes, films, dans les commerces...et s'inscrit comme incontournable à la vie quotidienne.

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Les traditions :

Les spectacles musicaux et dansés rythment le cycle de la vie, les rituels calendaires et les fêtes sociales au sein des villes et villages.

Naissances, mariages, funérailles s'accompagnent de chants et musique. Ainsi, les musiques des mariages instrumentalisées de hautbois et tambours précèdaient les processions. A l'heure actuelle, la musique issue de films a remplacé ces mélodies classiques et sont jouées par des fanfares; Les funérailles se déroulent sur les rythmes des tambours joués par des castes inférieures.

Les fêtes religieuses ou sociales (festivals, foires) comme Holi sont célébrées musicalement, les fidèles se rassemblant dans les temples pour chanter des bhajans, chants de dévotion.

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Styles musicaux :

Cet art millénaire a évolué, intégrant au fil de l'histoire de l'Inde des sonorités nouvelles, des instruments importés, des conceptions esthétiques étrangères, des techniques particulières.

Ainsi, la musique indienne se décline-t-elle différents styles :

- deux musiques classiques : musique hindoustanie (du nord) et musique carnatique (du sud)

- des musiques semi-classiques ;

- musiques folkloriques présentes dans toutes les régions, très diversifiées, elles peuvent être interprétée par des castes, comme au Cachemire, Bengale, Kérala, Rajasthan.

- la musique "filmi" typique aux films bollywood

- la musique "pop indienne" : rock, techno très prisé à Goa.

- le Bhangra : la musique indienne créée par la communauté indo-pakistanaise vivant au Royaume Uni ;

- la musique Bâul : leurs chants ont été reconnus en 2005 partimoine oral et immatériel de l'humanité.

La musique indienne offre une capacité d'absorption tout à fait remarquable et renouvellement créateur typique de la civilisation indienne.

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UNE SOURCE MYTHOLOGIQUE :

Le traité des arts dramatiques (musique, danses, théâtre) le Natya Sastra, relate La musique indienne s'inscrit dans une relation divine ; en effet, selon la mythologie indienne, Brâhmâ créa l'univers à partir du son "Om" .

D'autres relations entre les dieux ou personnages mythologiques et la musique sont cités dans les épopées , influençant par la suite leur relation avec l'humain :

-Shiva jouant du tambour, le dameru ;

- Hanuman et Ganesh jouant du tambour "mridang". Les sons émis par tambour auraient ainsi à l'origine du langage ! D'après la légende, le mridang fut créé par brahmâ et Ganesh en fut le premier instrumentaliste. Hanuman est réputé pour en jouer merveilleusement. Le Mridang est un instrument des dieux, deva vaadyam auquel des soins et des offrandes alimentaires sont portés très respectueusement : avant son utilisation, il est habillé, une prière lui est adressée accompagnée d'un bâton d'encens afin de purifier l'air.

- Saravasti ,shakti de Brâhmâ, déesse des arts, et de la connaissance, de la sagesse, a toujours été associée à la vîna (sorte de cithare sur bâton). La vîna a toujours été considérée comme l'instrument des dieux. La forme la plus ancienne de la vîna est déjà représentée au IIème siècle avant J.C sur des sculptures.

Deux sortes de Vînâ : Au XVI ème siècle, les musiciens de l'Inde du Nord firent évoluer sa conception très basique en y ajoutant des matériaux et des cordes : elle prit le nom de Vîna Rudra et donna une variante nommée Vichitra Vînâ et récemment en Mohan Vînâ. La deuxième forme de la Vînâ s'est développée en Inde du Sud, au premier siècle après JC, ressemblant à un luth. Sa forme évolua vers le Vème siècle et prit le nom de Saravati Vînâ ou Vînâ Carnatique. Dernièrement, cette variante a donné naissance à la Gottuvadyam Vînâ.

Les enfants Sarasvâti sont appelés les Vedas ( enseignements transmettant la voie du salut pour échapper aux désirs, distractions et tentations du monde); C'est pourquoi, la musique s'inscrivit naturellement dans les textes religieux les plus anciens ( 1800 à 1500 avant J.C). Les hymnes des Rig Veda étaient chantés à partir de trois notes, formant le Sâma Veda.

Ainsi la musique hindoue est-elle présente dans les rites à deux fins : obtenir l'attention des dieux ( conque, clochettes, tambours) et la progression sur la voie de la Moksha (la libération vers le Salut).

La plus ancienne source de musicologie est consignée au sein du Natya Sastra, (véritable traité encyclopédique de la danse, de la musique et du théâtre), considéré comme le cinquième veda.

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Cet art se décline sous différents aspects :

- le Bhajan ou kirtan : chants dévotionnels hindous et sikhs, populaires voués aux divinités telles que Shiva, Krishna,Ganesh, Lakshmi, ou autres personnages religieux ou avatars. Très connus des indiens, ils sont accompagnés d' instruments tels que l'harmonium, le dholak et les tâblas sur un rythme à huit temps.

- musique vocale (chant) composée de mantras sacrés écrits en sanskrit, utilisés par les brahmanes dans les temples ;

- Musique totalement instrumentale accompagnant les "puja" (les prières, rituels dévotionnels, offrandes) sous les harmonies des hautbois (shehnai dans le nord de l'Inde, nâgasvaram,dans le sud de l'Inde) et percussions ( Khurdak dans le Nord de l'Inde, Thavil utilisé dans le sud de l'Inde).

Outre la musique religieuses hindoue, les religions islamiques et sikhes ont un répertoire misical très important reposant sur les textes sacrés.

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COMPOSITION MUSICALE

La musique indienne citée dans les textes les plus reculés était décrite sous le terme de Prabandha, déclinant la musique jouée en quatre thème progressifs :

-Udghâha, appelé prélude ;

- Melâpaka, composition de la gamme ;

-Dhruva, forme fixe ;

-Abhoga, partie finale de la composition.

Composée au XII ème siècle, la Gîta Govindâ, chef d'oeuvre de la poésie sanskrite, fut écrite à partir des Prabandha. Son auteur, Jayadeva - poète indien vénéré comme un saint - composa son célèbre poème lyrique (Pada) relatant les amours de Krishna et Rada ,l'associant aux deux parties terminales : le dhruva et l'abhoga .

Il constitua ainsi une sorte de synchrétisme nommé Dhrupad (association de dhruva et pada), qui de développa plus tard, aux XVème/XVIème siècle sous l'impulsion du Rajâ Mânâ Simhâ ( 1486-1525) dans la ville de Gwalior. Le drupad se définit donc comme un chant indien dont la structuré très normativement, n'acceptant aucune fioriture. Il se compose donc d'une partie musicale fixe (druva) et d'un partie poétique (Pada).

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Le râga :

Le râga est un cadre mélodique, le mode musicale indien fondé par Mâtanga dans son ouvrage Brhaddhesi entre le Vème et le Xème siècle. Se fondant sur les principes védiques, et plus particulièrement le Sama Veda (textes religieux, rituels chantés), le râga s'impose au XVIème siècle comme une règle incontournable dans la construction de la musique classique indienne.

Terme d'origine sanskrite, il désigne littéralement "la couleur, la nuance, la passion". Il traduit un sentiment, élément intérieur ( amour, gaité , tristesse, nostalgie, paix) provoqué par une influence extérieure ( saison, temps, moment de la journée). Ces sentiments peuvent être masculins "râga" ou féminins "râgini".

Le râga spécifie aussi les mouvements ascendants (ârohaman); les mouvements descendants (avarohaman), la gamme, les notes essentielles et celles autorisées parcimonieusement, les notes chantées, et les phrasés autorisés. Tout ceci forme un cadre, une toile de fond pour composer la mélodie et improviser.

Le cadre modal du style indien implique une relation de la note avec une tonique (ensemble de tons) qui est répétée ou maintenue à l'aide d'une pédale. Le luth indien tel que le tampura ou sitar est un instrument typiquement modal.

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Les notes indiennes, sont dénommée "svara" forme une gamme,la svara ( sept ) utilisées sont assez proches dans leur graduation des notes occidentales ( Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La , Si, Do): aussi, sont-elles nommées :

-Sa (shadjam), Ri (rishabam), Ga (gandharam), Ma (madhyamam), Pa (pachamam),Dha ( dhaivatham), Ni (nishatam).

Ces sept notes sont toutes connues des musiciens et appartiennent au Sargam, le solfège indien; (terme composé des initiales des notes "SaRiaGaMa").

Le râga peut être composé de cinq, six ou sept notes :

- Audava Râga , composé de 5 notes,

- Sâdava râga, composé de 6 notes,

- Sampurna râga, composé de 7 notes.

Certaines notes peuvent être altérées,en aigu ou doux permettant ainsi une infinité de variations, appelées "shruti".

Une théorie de correspondances rattache chacune des notes naturelle à un sentiment "rasa", dont les shruti (variations) moduleront les effets en exprimant des sentiments inermédiaires. La musique jouée s'organise sous forme de cycle tythmique, le "tâla".

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Le "tâla" : Unité de rythme

Véritable cercle rythmique, le Tâla est un élément essentiel à la composition de la mélodie classique indienne. L'origine de ce mot se réfèrerait à la mythologie : la première syllabe "Tâ" se référant à "Tandava" danse cosmique de Shiva, et "La" issu de "Lasya" ( partie féminine de tandava" en référence à Parvati, épouse de Shiva.

Le tempo est également une composante majeure du râga puisqu'il donnera une nuance particulière à la couleur musicale jouée : chaque tâla a sa propre unité de temps, pouvant être lent, moyen ou rapide.

La musique classique du nord et celle du sud diffèrent dans la construction des tâlas utilisés malgré leur dénomination nominative parfois identique. Les tâlas de l'Inde du nord sont au nombre de 16 et ceux du sud de 12 avec une composition beaucoup plus mathématiques.

Ainsi, le râga va-t-il unir à la fois les notes dans leur relation modale , mais aussi la couleur, la passion, les nuances à faire transparaître dans la musique, en fonction du sentiment le "rasa", du moment de la journée, et la saison à représenter.

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Les sentiments ou "rasa" ( littéralement "sève") sont eux mêmes très codifiés laissant de ce fait une rigueur supplémentaire dans l'improvisation du musicien . S'inscrivant dans le raga, il laisse transparaître une identité au morceau joué. Neuf rasas sont répertoriés :

-le Shringara, appelé également "rasa adi" représentant le sentiment physique et spirituel de l'Amour relative à la force créatrice universelle ( dieu ). Par ailleurs, ce rasa est utilisé dans l'expression des sentiments de nostalgie amoureux ;

-l'Hasya : sentiment joyeux, loufoque exprimé musicalement par des jeux rythmiques d'aller-retour entre les musiciens.

-le Karuna : sentiment de solitude, nostalgie, de tristesse ;

-le Raudra : sentiment exprimant la colère, la force de la nature en furie ; musicalement, les notes graves sont utilisées sur un rythme rapide vibratoire ;

-le Vîra : sentiment de courage, d'héroïsme, de fierté, de noblesse pouvant enchaîné sur le rasa "raudra" lorsqu'il est poussé à son extrème ;

-le Bhayanaka : sentiment dépassant la colère et aboutissant à l'effroi ; difficilement exprimable musicalement, il est souvent associé à la parole pour sa meilleure compréhension. Il se retrouve principalement dans l'art dramatique.

- le Vibhatsa : sentiment de dégoût esprimé essentiellement dans l'art sdramatique en raison de la difficulté à le représenté musicalement ;

-l'Adbhuta : sentiment exprimant la surprise, l'étonnement, la gaité, l'étrange.Musicalement, il est joué très rapidement;

- le Shanta : sentiment de paix, de plénitude.

-la bhakti : dixième rasa ajouté occasionnellement exprimant musicalement la dévotion, le lien spirituel. Le virtuose Ravi Shankar l'associe comme une combinaison de trois rasa : shanta ( paix), Karuna ( solitude, nostalgie) et Adbhuta (la joie, l'étrange).

Ces derniers paramêtres vont laisser au musicien une part très importante à son improvisation, tout en s'inscrivant dans des règles très strictes musicales (code décrit dans le brhaddesi).

L'improvisation s'inscrit dans un cadre tel une toile sur laquelle les notes de musique, le raga et le rythme vont colorer l'espace ; Mais auparavant, l'interprète doit-il maîtriser parfaitement la grammaire musicale apprise longuement auprès d'un maître ou d'académies spécialisées.

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DEUX GRANDES TRADITIONS DE MUSIQUE CLASSIQUE

Deux grands styles musicaux coexistent en Inde en raison de leur situation géographique éloignée, leur histoire, et leur culture régionale et folklorique . Jusqu'au XIIIème siècle, les deux styles étaient très proches, et la différence s'est faite à partir de l'invasion moghole dans le nord de l'Inde, associée à l'influence de la culture perse.

Aussi se distinguent la musique hindoustanie, typique du Nord colorée d' influences rajpoutes et mogholes laissant émaner l'improvisation, les expressions et sentiments, et la musique carnatique,du Sud , rattachée au folklore régional établi depuis des millénaires dans laquelle les chants dévotionnels ont une place importante,l'improvisation limitée, la structure musicale très mathématique.

Chacune des musiques a son propre ensemble de râga référencé (mode, cadre mélodique) , bien qu'il existe certains "faux-amis" :

-L'Inde du sud a conservé le système traditionnel de râga, appelé "melakarta" ,contenant 72 râgas.

-L'Inde du nord, quant à elle , a réorganisé au XIX ème siècle, les râgas sous l'égide de Vishnu Narayan Bhatkande. Ils furent classés en 10 thâts (ensemble de sept notes donnant une gamme avec des possibles variations) permettant une correspondance entre un râga et un thât.

Exemple de thâts : les notes en minuscles sont abaissées d'1/2 ton : de nombreuses combinaisons sont ainsi possibles;

  • le thât "Bhairava" : Sa-re-Ga-ma-Pa-dha-ni-Sa
  • le thât "Asavari": Sa-Re-ga-ma-Pa-dha-ni-Sa
  • le thât "Todi": Sa-re-ga-Ma-Pa-dha-Ni-Sa

Les musiciens ont toujours eu une place importante dans les cours des palais, dans les lieux proches du pouvoir, en raison de l'apport musical dans les rituels religieux pratiqués dans les temples.

Rois, princes et mécènes des villes de Jaipur, Gwalior, Bénarès, Tanjore, Lucknow, Mysore, Hyderabad finançaient la construction et le fonctionnement de petites académies appelées "gharânâ" dans lesquelles les maîtres de l'art musical (guru) pouvaient enseigner librement. A l'heure actuelle, les mécènes sont peu présentes mais la relation guru/élèves perdurent dans un respect sans égal. Certains gurus portent des titres honorifiques, tels que "Pandit, Ustad" dans le nord ou "Bhâgavatar" dans le sud de l'Inde.

Ces grandes villes princières sont encore empreintes de leur notoriété passée et certaines organisent des festivals de musique reconnus internationalement, comme à Jaipur.

Certains musiciens, luttant maintenant contre la concurrence assidue pour leur participation aux festivals, se proclament descendants ou disciples des musiciens de cour, dont les références sont le sceau de qualité musicale.

La transmission du savoir continue à se pratiquer oralement, ce qui en fait l'originalité facilitant par là-même une transmission de styles nouveaux.

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MUSIQUE HINDUSTANIE : musique typique du Nord de l'Inde

La musique hindoustanie est pratiquée dans le Nord de l'Inde, le Pakistan, le Népal et l'Afghanistan. Ce style musical fut influencé par le style hindou établi depuis des millénaires, celui des rajpouts, puis dès le XII ème siècle, par le style arabo-perse islamique en raison des multiples invasions dans cette région du sous-continent.

Originellement, la musique indienne s'est inscrite dans une relation divine, en relation avec le SamaVeda, faisant partie intégrante de la vie des temples, des palais. Avec l'arrivée des moghols et l'apport de la culure perso-musulmane, la musique hindoustanie quitta alors le domaine purement religieux (les temples et les chants rituels) pour se pratiquer dans les darbars ( salle d'audience des Maharajas) pour les divertissements royaux.

L'influence culturelle moghole fit évoluer la musique hindoustanie sur différents points :

-la construction musicale s'allongea et pouvait durer ainsi plusieurs heures ;

- le style dhrupad, religieux a laissé place au style Khyal, plus "romantique, fantaisiste, imaginatif";

- des styles semi-classiques se sont imposés, inspirés du l'ourdou ( pakistan) et du persan :

  • le Thumri : chant indien interprété principalement par les femmes, dans un style tendre et léger, relate des poèmes d'amour sur un rythme de 8 à 16 temps.une composante de musique très élaborée et de chanson populaire, simple et sentimentale.
  • le Ghazal apparu entre le XIIIème et le XIV ème siècle en Perse, s'implanta en Inde et en Asie centrale. Poème d'amour relatant l'amour de la femme ou à consonnance parfois mystique, il unit musicalement le texte en langue ourdou et la musique indienne.

-le support chanté (les chants rituels laissèrent la place à la narration d'histoires humaines et différentes arabesques) ;

-les instruments de musique devant être entendus dans les grands halls furent améliorés . D'autres appartenant à la culutre au pouvoir intégrèrent l'ensemble de l'orchestre. C'est ainis que naquit en Inde , la notion de concert ou de Salon de musique.

Les musiciens dont l'héritage artistique était transmis de père en fils, ont constitué un foyer artistique "le guarânâ" digne de qualité.

Le premier de cette lignée fut Tânsen Miân, reconnu comme le plus grand musicien indien et interprète de la dhrupa, genre vocal considéré comme le "pure" râga. Artiste au service le l'Empereur Akbar , la légende raconte que sa voix mélodieuse donnait naissance aux nuages. Sa tombe est visible dans un des jardins dans la ville de Gwalior, arboré de tamariniers . Les feuilles de ces arbres sont reconnues pour éclaircir la voix. La ville de Gwalior propose annuellement un festival musical de grande qualité.

Le khyal :

Sa dénomination provient de l'arabe, signifiant "fantaisie, imagination". Il fut introduit au XVIII ème siècle à la cour de Muhammad Shah , par l'artiste Niyamat Khan popularisant cette forme musicale.En fait, selon la légende, le khyal aurait été inventé au XV ème siècle par le Sultan Hussain Sharqi .

Ce nouveau style se compose :

-d'un répertoire de chants courts servant de base d'improvisation pour l'instrumentaliste ou le chanteur ;

- d'un accompagnement instrumental composé de :

  • Tablâ, (timbales doubles)
  • Sarangi, dilrupa ( vièle à archet),
  • Harmonium ( petit orgue à soufflet importé en Asie du Sud par des missionnaires chrétiens),
  • Tambura (luth faisant office de bourdon).

- La Vîna a laissé la place au Sitar et le Mridang aux tablâ. Les instruments sacrés hindous , considérés comme isntruments des dieux furent remplacés par les instruments d'origine Perse.

Les mélodies purement instrumentales sont généralement accompagnées d'un Sitar ou Sarod (luths à cordes pincées) . Elles s'inspirent généralement de l'apport culturel métissé, hindou (dhrupad) et perse (khyal). Leur structure est en deux parties brèves : "sthayi" et "antara" dont les registres se contrastent .

Un concert comporte deux sections musicales bien définies :

- la première appelée "bara Khyal ( grand khyal ) a un tempo lent ;

- la seconde appelée "chota khayl" ( petit khyal) clôture le concert sur un rythme rapide, s'accélérant jusqu'à la note finale.

Les Tâlas de la musique hindoustanie sont au nombre de 16, ayant chacun une dénomination, un tempo particulier et correspondant à un râga : Râdra, Rupak, Tivra, Dhumali, Karharva, Japtâl, Sooltâl, Ektâl, Chautâl, Ada Chautâl, Dipchandi, Jhumrâ, Dhamar, Tilwarâ, Punjabi,Tintâl.

exemples :

Le radrâ est un cercle rythmique de 6 temps : (3+3 )

Le Karharva est un cercle rythmique de 8 temps : (4+4)

Le Japtâl est un cercle rythmique de 10 temps : (2+3+2+3)

Le Chautâl est un cercle rythmique de 12 temps : (2+2+2+2+2)

Le Tintâl est un cercle rythmique de 16 temps : (4+4+4+4). Ce dernier est utilisé dans le style Khayal pour jouer des tablâs.

Différents instruments typiques du nord :

Instruments à vents :

- Alghoza : flûte à double bec

- Bansurî : flûte traversière indienne (probablement le plus ancien de tous les instruments du nord de l'Inde). Son petit modèle appelé "Murali" est souvent associé aux représentation du dieur Krishna.

- Harmonium : clavier à soufflerie

- Pungi ou Murli : clarinette des charmeurs de serpents indiens, népalais ou pakistanais.

- Pâva ou Satârâ : double flûte à bec.

- Shehnai : hautbois rustique, appelé Mohori au Bengale et Orissa ou encore Mwarnai au Cachemire.

Instruments à Cordes :

- Bîn ou Vîna : Cithare, considéré comme un instrument divin, elle est associée à la déesse Saraswati. Au XVIème siècle, la Rûdra Vînâ fut l'instrument de la cour de la musique hindoustanie. Elle évolua en Vichitra Vînâ et plus récemment en Mohan Vînâ.

- Ektara : instrument originaire de la communauté Bauls du Bengale, désignant une toute petite caisse de résonnance sur laquelle une peau de chèvre est tendue une seule corde.

- Kamânche : sorte de vièle originaire du Moyen Orien, d'Asie Centrale, apparue au IX ème siècle.

- Ravanhatta : vièle très rustique à cordes frottées, certainement ancêtre du violon. Selon la mythologie, il aurait été inventé par Ravana ( roi des Râkshasas de l'île de Lankâ, roi des démons, ennemi de Râmâ dans l'épopée du Râmâyana.3000 ans avant notre ère.)

- Sarangi : vièle rustique à cordes frottées en Inde, Népal et Pakistan.

- Sarinda : vièle rustique se rapprochant du Sorud, vièle utilisée au Népal et en Afghanistan.

 

Instruments à Percussion :

- Daf : tambour de grande dimension d'origine persane, très répandu en Asie Centrale, Moyen Orient,

- Dameru : appelé aussi Dugdugi au Bengaledésignant des petits tambours en forme de sablier, recouvert d'une double peau.

- Dhol : ou Dohol, ou doli : gros tambour de 30 à 60 cm, joué couché et recouvert d'une double peau. Cet instrument est répandu en Inde, Asie Centrale et Perse.

- Dholak : Instrument répandu en Inde, Pakistan, Népal, Bangladesh. Petit tambour à double peau dont le diamètre est de 15 à 30 cm. Sa version pmlus récente se nomme le Nâl.

- Ghara : cet instrument peut prendre plusieurs dénominations Ghatam, gâra, Dilo, Nût, Mâkti ou Gûtam. Il désigne une vase en terre de 50 à 60 cm de diamètre, utilisé en percussion en Inde et au Pakistan depuis le VIII ème siècle.

- Kartal : ou Kartalôn ou Chaparôn désigne des castagnettes. Très utilisées dans le folklore rajasthani et dans les communautés musiciennes itinérantes. Elles se composent de Deux bouts de bois plats de 15 cm de long sur 8 cm de large.

- Manjira : appelée Ghungru au Pakistan. Ce sont des petites cimbales indiennes en bronze très utiles dans la musique folklorique et la musique indienne pour marquer le rythme.( le tâla)

- Moorchang, môrsing : guimbarde indienne

- Nagara : Naqqara dans les pays musulmans, ou Tyanko au Népal : paires de timbales indiennes d'origine certainement iranienne . Les nagaras utilisées au Rajasthan sont généralement petites et rtès utilisées dans la musique folklorique .

La musique hindoustanie s'est construite enrichie au cours de l'histoire du Nord de l'Inde, métissée par les apports culturels des peuples hindou et moghol. Musique classique reconnue, elle influença les musiques folkloriques, apportant toutes une couleur particulière à cette partie du sous-continent indien. Les castes mettent en valeur l'art musical animant ainsi la vie religieuse et sociale hindoustanie.

Quelques festivals musicaux :

Outre les grandes grands concerts produits à Delhi, les fêtes religieuses ou foire aux bestiaux dans tout le nord du pays, voici quelques villes dans lesquelles les festivals metent particulièrement la musique hindoustanie à l'honneur :

- Jaisalmer : Fête du désert

- Jaipur : Rencontre internationale artistique www.jaipurfestival.org( courant mars)

- Mont Abu : festival d'été rassemblant musique et danse (courant mai) , et festival d'hiver ( courant décembre)

- Jodhpur : rencontre de musique folk ( courant octobre /novembre) www.jodhpurfolkfestival.org

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MUSIQUE CARNATIQUE : musique typique du sud de l'Inde.

Le terme "carnatique" provient de "carnatici" , ancienne dénomination du Deccan , vaste plateau indien situé au sud de la plaine indo-gangétique. Trois grands fleuves sacrés l'alimentent :la Godâvarî, le Krishnâ, et la Kaveri.

Contrairement à l'Inde du Nord, le Sud n'a pas subi moultes invasions influençant son histoire locale, sa culture et sa vie sociale. Aussi, la musique carnatique se distingue-t-elle particulièrement de la musique hindoustanie influencée par les mogholes dès le XIIème siècle.

Tout comme la musique hindoustanie, elle s'établit sur la structure religieuse, reposant sur le Sama Veda et le Natya Sahastra. Ses fondations furent écrites entre les IV et II èmes siècles avant J.C mettant également l'accent sur les concepts fondamentaux de râga ( couleur musicale unifiant expression musicale et sentiment), du tâla ( rythme, tempo) et les svaras (les notes de musique).

Un récital musical suit une trame particulière permettant au chanteur de développer pendant deux à trois heures différentes formes vocales , du chant dévotionnel à des formes fines d'improvisation.

Dans la musique carnatique, 72 râgas sont répertoriés. Le râga exposé laisse place à un cycle évolutif précis :

- le ragam introductif ayant lui-même une construction tripartite ;

- le tanam : période mélodique sans percussion.

ces deux premièrs paramètres se distinguent dans leur aspect technique très formaté et maîtrisé, rythmé et éclatant.

- le pallavi : le thème, sorte de refrain, est développé sous diverses variations avec la participation des percussions. Cette partie peut être dansé.

La musique carnatique alimente de nombreux chants dévotionnels, de tradition brahmanique sur une structure très composée laissant peu de place à l'improvisation.A la différence du Nord de l'Inde, les basses castes ne sont pas spécialisées dans l'accompagnement musical.

Lors des processions ou de cérémonies dans les temples du Sud de l'Inde, la musique se compose essentiellement du hautbois "Nagasvaram" et de tambours appelés "Tavil". Cet ensemble est nommé Periya Melam.

La danse et le théâtre, très présents dans le Sud de l'Inde font partie des composantes culturelles associées à la musique. Ces deux autres pans artistiques relatent généralement des passages d'épopées des dieux, de Krishna. Les chants sont interprétées dans des langues régionales comme le Telugu, le Tamoul jouxtant le Sanskrit.

Les grands compositeurs connus datent du XVème siècle portant, entre autres, les noms de Tallapakam (connus pour ses Kirtanas, chants dévotionnels en Telugu) , Purandaradasa, (reconnu comme le père de ce style musical). Les kirtanas représentent une structure tripartite de base de la musique carnatique : le pallavi, l'anupallavi et le caranam.Au XVIIIème siècle, trois grands compositeurs révolutionnent les Kirtanas les modifiant musicalement. Ils se définissent alors en Kriti .

Les chants dévotionnels de l'Inde du Sud :

- le kirtana dans lequel le texte prime sur l'accord musical ;

- le kriti, chant dévotionnel dont l'aspect musical prend toute son ampleur ;

- les varnams dont la particularité repose sur un composition mélodique particulière mettant en valeur le râga ;

- le Ragam-Tanam -Pallavi est spécialisé dans son jeu musical très artistique;

- Le Padam : chant classique très ancien originaire de Tanjore, accompagnant la danse ;

- Le Jâvali est un chant semi-classique assez proche du Padam. Il peut être accompagné de danse, tout comme le pallavî ( sorte de refrain ) et le tillânâ ( partie rapide concluant un concert).

Composition d'un orchestre carnatique :

- un chanteur ou joueur de vîna (sorte de luth, instrument sacré) ;

- Un "mrdangam", tambour composé de deux faces ;

- une tamboura , luth bourdon, parfois remplacé par un bourdon électrique ou une sruti-box;

- un ghatam, percussion en terre cuite ;

- un khanjira, petit tambour installé sur un cadre ;

- un violon ( instrument introduit tardivement au XVIIIème siècle).

Quelques instruments de musique typiques présents en Inde du Sud :

Outre le violon, l'harmonium

Instruments à cordes :

- la Saraswati vîna ( luth) ; Tambura ( sorte de luth utilisé dans la musique kéralaise), le Villu (arc musical kéralais);

Instruments à vent :

- Le Venû ou kulal ( petite flûte traversière, instrument accompagnant Krishna) , Murali (petite flûte droite ou traversière), Clarinette, Kuzhal ( instrument typique du sud de l'Inde existant en deux versions :petite flûte ou hautbois);Sringa ( sorte de cor) ; Nagasvaram ( sorte de hautbois ; il est signe de bon augure); Shankh ( conque utilisé dans les temples)

Instruments à percussions :

- les Tâlam (timbales), Brahmlatâla (grandes timbales utilisées dans les temples) ;Kunzhitalam ( grandes timbales plates et bombées) ;Chenda (percussion membranophone), Chennana (gong plat utilisé dans la musique kéralaise) ; Ghatam (percussion en forme de vase en terre cuite) ;Idakka ( tambour en forme de petit sablier) ;Timila ( autre variante de l'idakka; Kanjira (tambour recouvert d'une peau de lézard ou de serpent);Mizhâvu (tambour membranophone utilisé par la communauté Nambiar) ; Kôlu (sorte de claves) ; Maddalam (tambour de 60 centimêtres) ; Mridang (tambour en forme de tonneau) ; Nattuva Talam (cimbales dont l'une est en bronze et l'autre en acier accompagnant la danse Bharaty Natyam);Thavil (tambour dont les extrémités son trecouertes de peau de chèvre et de buffle) , Villâdivadyam ( arc musical reposé sur un pot en terracota dervant de résonateur ; le tout est agrémenté de cloches en bronze).

Un festival annuel honore le grand compositeur de l'Inde du Sud "Swami tyagaraja" en la ville de thiruvaiyaru ( région de Tanjore).

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MUSIQUES FOLKLORIQUES

Les musiques folkloriques, dites populaires sont souvent assez proches de la musique classique aux couleurs rurales, régionales. Elles accompagnent les différents moments de vie indienne : vie familiale, travail, fêtes rurales,sociales, religieuses, et rituels.

Elles sont exécutées par des musiciens amateurs ou professionnels, souvent issus des bardes des familles princières, chanteurs et/ou acteurs des théâtres retraçant les épisodes des grandes épopées. Des castes sont également musiciennes et sollicitées pour les animations musicales, comme les castes "Langas" ou "Manganias", musiciens ambulants du rajasthan. D'autres castes associent activités et musiques comme les joueurs de marionnettes, ou charmeurs de serpents entre autres.

Chaque région possède ses musiques folkloriques , pour exemple :

- la musique cachemirie (Etat du Cachemire) métissant la musique hindoustanie et la musique musulmane d'obédience soufiste sûfyâna kâlam ( soufiste originaire d'Iran) ;

-la musique bengalie (Etat du Bengal) teintée de musique hindoustanie et des influences apportées par Rabindranath Tagore (compositeur, écrivain, philosophe...) et du poète révolutionnaire Kazi nazrul Islam ;

- la musique ladakhie ( Etat du Ladakh) aux influences tibétaines ;

-la musique rajasthanie (Etat du Rajasthan)est composée de musique hindoustanie. Le répertoire folklorique emprunt à la dévotion est très riche (bhanjan,kirtan et poèmes célèbres) et interprété par les castes de musiciens itinérants des Langas, jouant un répertoire musulman et aux Mandaniars, attaché au répertoire hindou. Ces deux castes accompagnent les grands moments de vie indienne : la naissance, les mariages et les funérailles, mais aussi les danseuses de Teratali (danse rituelle évoquant la vie de Krishna). Par sa proximité géographique avec le Pakistan, la musique populaire rajasthanie est influencée par le qawwali (musique islamique soufie apparue au XVI ème siècle).

Le folklore rajasthani serait à l'origine de la musique gitane et tzigane présente en Europe, par la migration des sous-castes des musiciens itinérants et autres groupes sociaux-professionnels.

Dès la fin du XVIIIème siècle, des études linguistiques éthnologiques ( étude de la Chronique persane d'Hamza Hispahan parue au Xème siècle, et des écrits du poète Ferdowsi au XIème siècle) font un rapprochement entre les nomades "lamani" et "banjara", "dhoad"... du rajasthan et les roms ( gitans, manouches, gipsies...) installés en Europe.

Dans l'Inde bhramanique, la répartition de la société s'est faite sous forme de castes en relation avec la notion de pureté et d'impureté. Tous les corps de métiers rattachés à l'impur ( forgeron, nettoyeur, équarrissuers, bouchers, fossoyeurs...) mais aussi les saltimbanques ne pouvaient s'effectuer sédentairement. Ces communautés sociaux-professionnelles devenaient alors nomades.

Les écrits relatent la migration de certaines de ces communautés vers les années 900, fuyant les rejets, les humiliations. Elles partirent donc du Sind (une des régions pakistanaises frontalière avec le désert du Thar au nord du rajasthan) pour s'installer au service du roi de Perse, Mahmoud de Gaznî . Une partie des sous-castes imigra vers le sud-ouest et l'Egypte, formant les roms orientaux et l'autre partie vers le nord-ouest et l'Europe, formant les roms occidentaux.Le flux migratoire de ces derniers perdura jusqu'au XVème siècle, où ils s'installèrent en Espagne après avoir traversé les pyrénées.

Les roms sont reconnus pour être entre autres d'excellents musiciens et danseurs, pour avoir influencé le flamenco en Espagne. les musiciens tzignes sont très sollicités pour célébrer certains moments de vie sociaux tels que les mariages et les funérailles. Leurs instruments sont principalement les percussions, castagnettes et guitare ! De nombreuses analogies, concordances tissent le pont entre l'Inde et l'Europe !

Ces dernières années, un groupe de musiciens rajasthanis " The Dhoad Gipsies from rajasthan" connait une grande renommée dans toute l'Europe, et quelques pays du Moyen Orient, articulant leurs racines indiennes à la couleur manouche. Ils sont édité un CD "The Dhoad Gipsies from rajasthan" chez ARC Music. Ce groupe est issu d'une des peuplades manouches, les "Dhoads" issues du Désert de Thar du rajasthan (appelé aussi désert du Cholistan situé au Nord Est de l'Inde, frontalier avec le Pakistan).

-la musique orissie se rattache à l'Odissi, danse classique de l'Etat Orissa. La divinité "Jagannath" ( Krishna) y est vénérée avec fervence ; la musique régionale contraste avec la musique hindoustanie et la musique canartique.

-la musique kéralaise ( Etat de Kérala) aux influences de musique canartique est accentuée d'un forte présence des percussions. Le répertoire de cette musique très diversifié accompagne les fêtes et rituels religieux hindous, théatre et danses.

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MUSIQUE BAUL

La musique Baûl tient une place à part entière dans la musique indienne. Rabindranath Tagore, poète, écrivain, musicien, auteur du texte de l' hymne national indien a soutenu la richesse de ce patrimoine culturel communautaire et tenu à la valoriser. En 2005, l' U.N.E.S.C.O a reconnu et proclamé les chants Baûls " Chefs d'Oeuvre du Patrimoine Oral et Immatériel de l'Humanité" ( titre créé par l'UNESCO en 2001) .

En effet, reconnaissables à leur kurta orangée et à leur dhoti ( tissu noué) blanc, les Baûls sont une communauté particulière ! Appelés "Bardaï" en hindi (signifiant certainement "barde"), originaire du Bengal situé à l'Est de l'Inde, d'aubédience hindoue, ces musiciens itinérants, mendiants dans les transports en commun, se caractérisent par leur vie hors normes de la société hiérarchisée indienne.

Souvent nommés " fous" par leur volonté de vivre hors norme dans la société hiérarchisée indienne, les Baûls refusent le système des castes, la différence homme/femme, la ségrégation entre les communautés hindoues et musulmanes, les sacrifices animaliers, les Baûls croient spirituellement en un syncrétisme indo-musulman associant soufisme, bouddhisme , des pratiques du tantrisme et du yoga et certains rituels. Ils se réfèrent au poète Kabîr , philosophe, réformateur religieux Vishnouïte né au XIVème siècle, croient en une Divinité source d'Amour à vénérer chacun dans son temple intérieur.

Le répertoire de ce folklore contient des chansons vives interprétées par un soliste, accompagné musicalement lors des refrains.

Les instruments sont peu nombreux, souvent fabriqués par la communauté :

-L'Ektara est un instrument particulièrement pratique pour les musiciens troubadours en raison de son petit gabarit facilement transportable et léger. Ce petit tambour est recouvert d'une peau sur laquelle est tendue une seule corde.

-L'Harmonium : clavier à soufflet

- Les Kartals sont des castagnettes jpouant un rôle fondamentale dans le suivi du rythme ( tâla)

-Le Khamak a la particularité d'être un instrument hybride entre un tambour et un luth, joué avec un long et fin médiator (plectre) permettant de pincer et frotter les cordes. Les possibilités du jeu musical sont multiples et diversifiées. Cet instrument se retrouve également chez la sous-caste "Sapera", les charmeurs de serpent.

-Le Khol bengali est un tambour très sonore, réalisé en terre cuite. De forme allongée, ses faces recouvertes de peau sont disproportionnées (7 cm) et (30 cm).

-Les Manjiras sont de petites cimbales en bronze.

Né en 1961, Paban Das Baûl est un auteur interprête bengali, partageant sa vie entre le Bengale et la France, portant hautes les couleurs de sa musique hors des frontières indiennes Accompagnée de l'artiste Mimlu Sen, et de musiciens, ils mettent en valeur les chants traditionnels baûls dans de nombreux festivals.

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LE BHANGRA :

Le bhangra est une musique originaire du Penjab, région du sous continent indien partagée entre l'Inde et le Pakistan lors de l'Indépendance. Outre son folklore au Penjab, la particularité de cette musique repose en son évolution au Royaume uni par la diasporama indo-pakistanaise.

En effet, cette musique folklorique, très populaire est généralement utilisée pour célébrer le lien à la nature, comme les moissons et les grands moments de vie comme les mariages.

Elle s'accompagne de chants dont la thématique s'articule autour de l'amour, des évènements sociaux ou encore du patriotisme. La musique est composée essentiellement de percussions : le dhol, le dholaki, les tâblas.

Depuis une dizaine d'années, la diaspora indo-pakistanaise installée au Royaume Uni a repris ce folklore très présent auprès des penjabîs en lui associant des arragements musicaux contemporains. Le bhangra moderne laisse émaner des influences raï, rap, reggae, house , ou techo music.

Dans les années 1990, un style de musique dit "Asian Underground" s'est developpé en occident sous l'égide entre autres du DJ Talvin Singh, chanteur percussionniste indo-anglais. Mixant la musique occido-orientale, cet artiste revendique ses appartenances métissées. Réunissant au cours de ses productions ses racines indiennes et intruments traditionnels ( tâblas; dhol, violon, Bansurî) et les styles modernes occidentaux ( pop, élektro, punk...),il aime collaborer avec des artistes tels que Madonna, et divers groupes anglo-saxons. En 2004, il regroupa toute une communauté d'artistes internationaux, métissage de cultures et de styles différents.

D'autres artistes dénommés "Penjabi MC", ou encore "Apache Indian" ont également atteint une certaine célébrité dans la musique Bhangra moderne, unifiant les racines indiennes aux musiques d'autres continents comme la musique Rap (hip-hop américain) et le Raggamuffin ( consonnances jamaïcaines).

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MUSIQUES "FILMI"

expriment l'ambiance, un état d'esprit, ou une émotion et collent au scénario des films bollywood.

Leurs compositeurs sont attitrés, regroupant le style musical oriental et occidental. Les chanteurs enregistrent en playback les différents passages chantés et les acteurs, également bons danseurs se contentent de mimer les parties chantées.

Les instruments de musique sont contemporains pouvant s'unir à des instruments classiques : le métissage de l'occident, de l'orient s'unit au classique et à la modernité.

Elles sont généralement publiées en amont de la sortie du film, publiées sur tous les médias télévisuels, vendus en grande quantité sur tout le territoire. Elles corroborent également ce rôle de vecteur social.

Compositeurs : Rahul Dev Burman, Jatin Lalit, Anu Malik, Madan Mohan, Nadeem-Shravan et Allah Rakha.

Chanteurs : Asha Bhosle , Sunidhi Chauhan , Geeta Dutt , Kishore Kumar, Lata Mangeshkar, Mukesh,Udit Narayan, Sonu Nigam, Mohammed Rafi, Kumar Sanu et Alka Yagnik.

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MUSIQUE MODERNE :

La musique moderne est composite : musique filmi issue de bollywood et autres compositions cinématographiques, bhangra moderne , pop indienne métissant rythmique indienne et styles occidentaux ou africains... les chaines télévisuelles destinées à l'univers musical se sont développées ces dernières années, envahissant l'univers social indien.

Ar Rahman, est une personnalité incontournable dans le monde musical moderne indien, souvent surnommé le "Mozart de Madras" (capitale de la musique carnatique et berceau du cinéma). Sa composition artistique mêle subtilement la musique du sud à celle du nord sur des airs modernes de rap, pop, rock, électro... Premier tamoul ayant reçu la reconnaissance nationale en 1992, il est l' auteur de plus de 200 millions d'albums vendus dans le monde, 120 bandes originales, une centaine de récompenses nationales et internationales,auteur entre autre de la bande originale de"Slumdog Millionnaire".

Son action artistique ne s'arrête pas là puisqu'il a créé un conservatoire musicale à Madra, ouvert aussi aux milieux défavorisés. Ar Rahmamn garde un oeil toujours très ouvert et accueillant aux jeunes musiciens de la rue , véritable terreau pour l'avenir. La jeunesse indienne n'a pas encore beaucoup d'alternative aux sorties cinématographiques et la scène musicale pour les jeunes est un créneau encore bien peu exploité. Créateur d'une fondation pour les enfants défavorisés, Ar Rahman réalise des concerts à l'indienne , dont un qui se déroulera à Paris, le 17 juillet 2010, dont une partie des bénéfices sera reversée à sa fondation pour l'éducation et contre la pauvreté.

 

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CONCLUSION :

L'Inde vit au rythme de ses musiques : religieuses, classiques, folkloriques, communautaires et moderne, reliant géographiquement son histoire et la culture des communautés, les normes sociales.

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Sommaire du dossier :

Poème de Rabindranath Tagore (colonne latérale droite)

Introduction :

  • Tradition
  • Styles musicaux

Source mythologique

Composition musicale

  • râga ( mode indien)
  • svara ( les notes)
  • Tâlâ ( rythme)
  • Rasa (sentiments)

Deux grandes traditions de musique classique :

  • musique hindoustanie (Nord de l'Inde)
  • musique carnatique ( Sud de l'Inde)

Autres tyles musicaux :

Intruments de musique indiens (colonne latérale gauche)

Vocabulaire musical (colonne latérale droite)

Quelques artistes célèbres

(colonne latérale droite)

Quelques Festivals (colonne latérale droite)

Bibliographie ( colonne latérale droite)

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Vocabulaire musical

- Abhoga ( partie finale d'une composition musicale)

- Arôhaman (mouvement ascendant musical)

- Avarohaman (mouvement musical descendant)

-Bhangra ( musique indienne créée par la communauté indo-pakistanaise vivant un Royaume Uni)

-Bhanjan (chant dévotionnel)

-Bhraddesi

-Deva Vaadyam : terme désignant un instrument des dieux , comme la vîna, le mridang, le dameru)

- Dhrupad ( chant indien à structure musicale stricte associée à un poème lyrique)

- Dhruva ( Partie musicale fixe sans possibilité d 'improvisation)

- Gharânâ ( école, académie de musique)

- Ghazal (poème d'amour pouvant avoir une consonnance mystique dont le texte est en ourdou accompagné d'une musique indienne)

- Khyal ( chant indien d'origine musulmane ayant pris sa source sur le dhrupad)

-Kirtan (chant dévotionnel)

-Melakarta : terme utilisé dans la musique carnatique désignant l'ensemble traditionnel de 72 râgas. Chacun d'eux comporte 7 notes.

-Melâpaka (partie musicale composée de la gamme)

-Musique hindoustanie ( musique classique du Nord de l'Inde)

-Musique carnatique (musique classique du Sud de l'Inde)

-Natya-Sastra (encyclopédie basée sur les vedas régissant l'art de la musique , de la danse et du théâtre)

-Prabandha : terme désignant l'ancienne composition des mélodies indiennes qui comportaient 4 parties (udgrâha, mêlapaka,dhruva, abhogâ) .

-Qawwali (musique islamique soufie)

- Râga ( cadre mélodique insien dans lequel vont prendre place les notes, les sentiments à exprimer ( rasa) et le tâla (rythme).

- Râsa ( sentiments utilisés et transcrits musicalement dans le râga).

-Sama Veda : partie des cedas congtenant les prières et rituels chantés)

- Sargam ( nom du solfège indien)

-Shruti ( variation mélodique)

-Svara : note de musique indienne qui sont au nombre de 7 : Sa, Ri, Ga, Ma, Pa, Dha, Mi.

- Thât : terme relatif à la musique industanie (Inde du Nord) désignant un ensemble de notes (svara) éventuellement accompagnées d'altérations. Les râgas de cette musique classique sont regroupés en 10 thâts :association des notes Sa, Ri, Ga, Ma, Pa, Dha, Mi. Sa ( première note redondante) avec toutes les possibilités de diminuer chacune d'1/2 ton)

- Thumri : chant indien ( poème d'amour) d'origine folklorique, tendre et léger interprété par les femmes.

-Udghâda (Prélude d'un morceau musical)

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Quelques artistes célèbres :

- Chef d'orchestre : Zubin Metâ :

- Compositeurs de musique (film et chansons): Anu Malik ; Rahul Dev Burman ; Ismail Darbar ; Jatin Lalit ; Laxmi Pyare; Madan Mohan ; Nadeem Shravan; A.R. Rahman ;Prayag Raj ; Ravi Shankar et Satyajit Ray .

- Chanteurs : Tansen ( la grande référence à l'époque d'Akbar); rampasad Sen ( poète ,chanteur de centaines de poèmes mystiques voués à la déesse Kâli) ; Bade Ghulam Ali khan; Amir Khan ; Kumar Sanu ; Balamularikrishna ; S.P Balasubrahmanyam ;Pandit Jasraj ( joueur de Tablâ et chanteur); Bhimsen Joshi ;Mahendra Kapoor ; Kailash Kher (chanteur soufiste); Mehmood (également réalisateur, acteur) ; Mukesh Chand Mathur; Daler Mehndi ( chanteur pop/ bhangra ; Udit Narayan Jha ; Kazi nazrul Islam (poète bengali musulman très célèbre, chanteur et musicien ); Sonu Nigaam ; Mohammed Rafi ; Jay Sean ; Dilip Kumar Roy; Yuvan Shankar Raja. ( d'autres chanteurs de la jeune génération ne sont pas tous présents dans cette liste).

Musiciens : Ravi Shankar et ses filles ; Dâgar (dynastie de musiciens musulmans) ; Jnan prakash Ghosh ( joueur de Tablas) ; Pandit Jasraj ( joueur de Tablâ et chanteur) ; Famille Mallik ( spécialiste de la musique hindoustanie); Mallikarjun Mansur ; Kazi nazrul Islam; Dilip Kumar Roy (chanteur , écrivain , poète...) et Talvin Singh ( nouvelle génération fondant les mélanges musicaux)

- Chanteuses indiennes célèbres : Asha Bhosle ; Alka Yagnik ;Sunidhi Chauham ; Girija Devi ; Geeta Dutt ; mahalaxmi Lyer ; Lata Mangeshkar ;Anuradha Paudwal ( la toute nouvelle génération regorge de chanteuses)

Bibliographie

L'art du Raga, : musique classique de l'Inde du Nord, d'AUBOUX

La musique carnatique guide d'écoute de la musique classique de l'Inde du Sud,, de D. BERTRAND

La musique de l'Inde du Nord, de DANIELOU

Origine et pouvoir de la musique , de DANIELOU

Musique et danses de l'Inde, de DANIELOU

Chanteurs itinérants en Inde du Nord, de SERVAN SCHREIBER

Bapi... l'amour de ma vie : vie et carrière de Ravi Shankar, d'A. SHANKAR

Ma musique, ma vie, de Ravi SHANKHAR

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